La betterave à  sucre en Ontario - La renaissance d'une industrie

Cela fait maintenant presque 20 ans que la production de la betterave à sucre a été relancée en Ontario. Depuis, les superficies ensemencées en betterave à sucre ont augmenté de 268 acres à 10 000 hectares et le nombre de producteurs a explosé, passant de 9 à 84 producteurs environ.

Une grande partie de cette croissance est attribuable à des projets de recherche et de développement soutenus par l’Agricultural Adaptation Council (AAC), surtout au cours des premières années de la renaissance de la production.

« Au début, notre difficulté la plus importante était la lutte contre les mauvaises herbes et l’obtention des homologations des produits d’usage limité nécessaires à la protection des cultures », explique Mark Lumley, président de Ontario Sugarbeet Growers’ Association. « Nous avions besoin de données propres à l’Ontario pour être en mesure de fournir aux producteurs les outils dont ils avaient besoin pour améliorer le rendement de leurs récoltes, et le financement des projets de l’AAC nous a aidés à les obtenir. »

Par la suite, la réalisation de travaux complémentaires sur la mise en silo des betteraves à sucre – entreposage des récoltes avant la transformation – a vraiment favorisé l’expansion du secteur ontarien.

Au départ, les producteurs – dont les fermes se situent pour la plupart près de la frontière avec les États-Unis, à Sarnia – expédiaient leur récolte vers une installation centrale de mise en silo des betteraves de la région de Chatham, d’où elles étaient expédiées au Michigan pour la transformation.

Pour être en mesure de livrer directement leurs betteraves à sucre à l’établissement de transformation de Michigan Sugar, les producteurs devaient pouvoir entreposer leurs betteraves à sucre à la ferme dans des silos beaucoup plus petits que les grands silos classiques utilisés dans les installations centrales de mise en silo des betteraves.

« Comme nous n’avions jamais entendu parler de l’utilisation de petits silos à la ferme dans notre secteur auparavant, nous avons mené une étude visant à évaluer certains paramètres tels que la qualité et le poids du produit, la forme et l’orientation des silos ainsi que la durée d’entreposage », explique M. Lumley, en ajoutant que la mise en silo au champ a considérablement réduit les frais de transport des producteurs de Lambton et de tous les producteurs de la coopérative, ces frais étant répartis au prorata entre tous les membres du groupe.

Les résultats de cette première étude ont conduit à la réalisation d’une deuxième étude sur les gros silos dont les résultats ont été présentés à l’American Society of Sugar Beet Technologists et qui sont maintenant mis à profit en Ontario et au Michigan.

Ces deux études sur la mise en silo ont été soutenues par l’AAC, tout comme l’a été une étude portant sur la conception d’un dispositif de décrottage/décolletage spécialement conçu pour le système Maus, un système qu’utilisent les installations de mise en silo pour nettoyer les betteraves à sucre avant leur expédition pour la transformation.

Les producteurs sont payés pour le sucre blanc récupérable par tonne de betteraves à sucre. Les betteraves subissent moins de meurtrissures en raison d’une manipulation plus délicate, ce qui diminue la quantité d’impuretés dans le sucre et permet donc au producteur d’obtenir de meilleurs rendements.

« Ces études ont eu une incidence réelle sur le secteur ontarien de la betterave à sucre. Nos producteurs sont considérés comme étant très novateurs par le secteur dans son ensemble. C’est grâce à l’aide reçue de l’AAC si nous avons pu faire de nos idées une réalité. Il suffit de penser au nouveau dispositif de décolletage du système Maus conçu pour les installations de mise en silo », dit M. Lumley. Ces projets ont vraiment consolidé le secteur ontarien et l’ont aidé à croître. »

Aujourd’hui, les nouveaux efforts d’innovation déployés dans le secteur vont au-delà de la production de la betterave à sucre et visent de nouveaux débouchés commerciaux, tels que l’éthanol, qui aideront les producteurs à poursuivre sur leur lancée.