Les clôtures virtuelles donnent le champ libre à une exploitation bovine de l’Ontario
Un nouveau type de clôture permet à Enright Cattle Company, près de Tweed (Ontario), de profiter au maximum de chaque acre. En effet, l’exploitation délimite son terrain à l’aide d’un téléphone intelligent et redimensionne ses clôtures virtuelles du bout des doigts sans avoir à déplacer de fils ou de poteaux.
La famille Enright compte parmi les premiers producteurs de bœufs de l’Ontario à adopter la technologie des clôtures virtuelles, qui utilise des colliers GPS à énergie solaire pour apprendre aux bovins à rester à l’intérieur de limites invisibles. Cette innovation lui permet de gérer efficacement ses pâturages, d’agrandir son troupeau et d’économiser temps et argent sans avoir à enfoncer le moindre poteau.
« Même en période de sécheresse, nous avons été en mesure de faire paître les vaches plus longtemps », explique Kara Enright, copropriétaire, qui exploite la ferme avec son mari Darold et leurs enfants Corben et Evelyn. « En plus de faciliter la gestion du pâturage, les clôtures virtuelles nous permettent d’augmenter la production de nos terres sans avoir à consacrer de temps ou d’argent à la construction de clôtures physiques. Bref, cette technologie a changé la donne. »
C’est grâce à l’Initiative pour l’innovation en agrotechnologie qu’Enright Cattle Company a pu adopter les clôtures virtuelles, qui lui ont permis de surmonter l’un des principaux obstacles à sa croissance : l’absence de moyens pour aménager des pâturages clôturés.
« C’est ce qui nous empêchait le plus d’élargir notre troupeau de vaches », précise Mme Enright. « Comme nous louons une grande partie de nos terres, nous ne pouvons pas nous permettre d’investir dans des clôtures permanentes. Nous devions trouver un moyen d’optimiser nos terres existantes ou, en d’autres termes, de faire paître le bétail là où il ne serait tout simplement pas pratique d’installer des clôtures. »
Après avoir discuté avec d’autres producteurs qui utilisaient déjà cette technologie, la famille Enright a arrêté son choix sur le système eShepherd de Gallagher. Lorsque les bovins s’approchent de la limite invisible, ils entendent d’abord un bip. S’ils continuent d’avancer, ils reçoivent une petite décharge qui les incite à reculer.
La clôture virtuelle est idéale pour le pâturage en rotation, que ce soit sur des terres louées ou détenues en propriété. Elle peut même servir à délimiter les cultures fourragères temporaires, ce qui facilite le pâturage des cultures de couverture ou prolonge la saison de pâturage à l’automne.
« Cela nous aide à profiter encore plus de nos terres existantes tout en nous épargnant beaucoup de travail. Plus besoin d’installer ou de déplacer de clôtures tous les jours. »
La clôture virtuelle représentait une belle occasion, pour la famille Enright, d’essayer de nouvelles stratégies de pâturage. Les veaux, qui sont trop petits pour porter des colliers, peuvent dépasser les limites pour accéder à la meilleure herbe. Il s’agit d’une version naturelle du « pâturage à la dérobée » qui favorise la croissance et l’efficacité des pâturages.
Grâce au financement de l’Initiative pour l’innovation en agrotechnologie, qui couvre une partie des coûts de matériel, la famille Enright a pu mettre cette technologie à l’essai.
« Le financement était essentiel à cet investissement d’envergure », explique Mme Enright. Sans lui, nous n’aurions pas pu essayer une nouveauté tout en réduisant le risque financier. »
L’Initiative pour l’innovation en agrotechnologie est mise en œuvre par l’Agricultural Adaptation Council et financée en partie par le Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCA durable), un accord quinquennal conclu entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Dans le cadre de ce programme, les gouvernements du Canada et de l’Ontario apportent un investissement pouvant atteindre 22,6 millions de dollars, qui sert à rehausser la capacité de production et l’efficacité énergétique dans le secteur agroalimentaire.
Pour Enright Cattle Company, l’investissement a déjà porté ses fruits.
« Cette technologie nous permet de travailler plus judicieusement, et non plus fort », constate Kara. « Sa souplesse nous permet d’optimiser la gestion des pâturages et de grandir en toute confiance. C’est l’avenir de la gestion du bétail. »
L’Initiative pour l’innovation en agrotechnologie soutient les entreprises agroalimentaires qui adoptent des technologies pour accroître leur production et leur efficacité – deux objectifs clés de la stratégie Cultiver l’Ontario, qui vise à augmenter de 30 % la production et la préparation locale d’aliments d’ici 2032.
