Pois

Une initiative novatrice intègre l’agriculture de précision à la production de légumes de transformation

Les données recueillies dans le domaine de l’agriculture sont plus nombreuses que jamais auparavant, et l’industrie doit trouver la meilleure façon de les utiliser pour assurer une production alimentaire rentable et durable.

Pour aider le secteur des légumes de transformation de l’Ontario à tirer parti de ce vaste ensemble de données, le transformateur de légumes Bonduelle collabore avec Ontario Processing Vegetable Growers et Ingreen Valley Foods Co-operative pour obtenir des fonds par l’entremise du Partenariat canadien pour l’agriculture.

« Le gouvernement du Canada continue d’appuyer les avancées technologiques qui offrent aux agriculteurs les outils dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées en matière de gestion des cultures », a déclaré Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. « En investissant dans des projets comme celui-ci par l’entremise du Partenariat canadien pour l’agriculture, nous nous assurerons que les producteurs et les transformateurs de légumes de l’Ontario sont bien positionnés pour répondre à la demande mondiale croissante pour nos produits de haute qualité. »

« Les agriculteurs de l’Ontario se tournent vers la technologie pour assurer la salubrité de leurs produits et la productivité de leur ferme au moyen de la traçabilité », a déclaré Ernie Hardeman, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. « Notre gouvernement est fier d’appuyer des innovations technologiques comme celle-ci grâce au Partenariat canadien pour l’agriculture, car elles permettent à nos agriculteurs d’optimiser leur rentabilité et leur durabilité. »

Bonduelle utilise actuellement AgPOD, un système qu’elle a créé pour la collecte de données sur la traçabilité et la gestion des semences et des contrats. À présent, ce système n’a pas la capacité de traiter toutes les données supplémentaires qui peuvent être recueillies.

L’utilisation de capteurs à faible coût permet de recueillir et de transmettre en temps réel et en continu des données agricoles localisées sur la vitesse du vent, la température de l’air et du sol, les précipitations, l’humidité du sol, la teneur en nutriments du sol et des tissus, le dénombrement des pièges à insectes, et plus encore.

En outre, la technologie des drones permet d’évaluer l’état du champ à des endroits précis, y compris repérer les pressions exercées par les ravageurs et les maladies et suivre leur évolution. Et de nombreux équipements agricoles modernes effectuent le suivi des taux de semis, des pulvérisations et des rendements des récoltes en corrélant les données recueillies avec des localisations GPS.

« Notre système actuel n’intègre pas bien tous ces éléments, sans compter qu’il n’est pas doté d’une application téléphonique pour le personnel qui travaille dans les champs et qu’il n’offre pas une connectivité mobile », explique Jennifer Thompson, directrice de l’agriculture chez Bonduelle à Ingersoll, en ajoutant que l’industrie doit agir de façon proactive pour répondre aux exigences futures en matière de traçabilité et de système de chaîne de blocs.

Bonduelle collabore avec DoubleLeaf Development à la mise au point du nouveau système afin que celui-ci assure une traçabilité en amont du produit final jusqu’au champ, qui englobe aussi bien la gestion des contrats que le suivi des antécédents culturaux, y compris les plantations, les dépistages, les pulvérisations, les applications d’éléments nutritifs et les vérifications de dossiers.

« Le thème dominant actuel en agriculture de précision est l’interconnectivité. Si nous pouvons ouvrir la voie à d’autres systèmes, cela ne fera que faciliter la tâche des producteurs », souligne Rob Parkhill de DoubleLeaf Development.

Par exemple, un producteur pourra saisir des données d’application de produits de protection des cultures directement dans le pulvérisateur, qui les enverra ensuite dans le nuage informatique à partir duquel Bonduelle pourra les intégrer dans son système. Selon M. Parkhill, cela permettra de réduire les dédoublements, d’améliorer l’exactitude des données recueillies et, en définitive, d’accroître l’efficacité des producteurs.

Le projet comprend la création d’une plateforme centrale qui aura la capacité de recevoir des données provenant de différentes sources, de les classer et de les stocker. Le système sera interconnecté de manière à pouvoir recueillir des données de diverses sources, et il sera accompagné d’une solution mobile pour une connectivité en tout lieu.

« Les producteurs pourront utiliser des données d’agriculture de précision. C’est du jamais vu dans l’industrie en Amérique du Nord : aucun producteur de légumes ne fait ce que nous faisons », affirme Mme Thompson.

Un système de suivi des camions permettra d’optimiser le flux de transformation et de réduire les émissions. En plus d’améliorer la salubrité des aliments, le suivi des applications de produits de protection des cultures accroîtra la sécurité des dépisteurs qui travaillent dans les champs en les informant des produits appliqués et des dates d’application. Le nouveau système exploitera également des données géographiques pour permettre une prise de décisions en fonction de chaque champ. L’intégration de renseignements météorologiques apportera une valeur ajoutée tant pour Bonduelle que pour les producteurs.

« Tous les produits que nous transformons sont cultivés ici, en Ontario, et ce système viendra renforcer nos relations avec les producteurs et les partenaires », souligne Mme Thompson. « C’est un pas dans la bonne direction pour le service à la clientèle. »

Les agriculteurs de l’Ontario produisent actuellement 11 cultures de légumes de transformation : pois, haricots mange-tout, haricots jaunes et verts, maïs sucré, haricots de Lima, carottes, courges musquées, navets, choux de Bruxelles et panais. Bonduelle possède trois usines de transformation en Ontario et fait cultiver sous contrat environ 43 000 acres ensemencés en cultures légumières par 264 agriculteurs ontariens.

Le soutien financier du Partenariat canadien pour l’agriculture a été déterminant pour assurer la mise en œuvre de cette initiative et la collaboration des trois partenaires à ce projet.

« C’est la collaboration qui fait notre force. En travaillant seul, nous ne progressons pas aussi rapidement ou de manière aussi réfléchie que lorsque nous travaillons ensemble », ajoute Mme Thompson. « Ces fonds nous ont permis de commencer le projet et de le pousser beaucoup plus loin. »

Le système devrait offrir une connectivité intégrale d’ici 2020.

Le projet a été en partie financé par le Partenariat canadien pour l’agriculture (le Partenariat), une initiative fédérale, provinciale et territoriale. L’Agricultural Adaptation Council contribue à l’exécution du Partenariat en Ontario.